PROJET DE RECHERCHE TORGA

VERS UNE MOBILITE PLUS SÛRE POUR LES DEUX ET TROIS – ROUES

Le projet de recherche Torga vise à réduire la sinistralité des utilisateurs de motos, scooters et cyclomoteurs à deux ou trois roues grâce à une approche inédite dans ce domaine : la retenue programmée et la cellule de « survie ».

 

280000 tués par an, c’est, selon l’OMS*, le triste bilan de l’insécurité routière pour les deux-roues motorisés dans le Monde. Le risque de décès lors d’un accident est en moyenne 20 fois plus élevé pour un utilisateur de ce type de véhicule que pour un automobiliste.

*http://www.who.int/violence_injury_prevention/road_safety_status/2015/en/

 

Rien qu’en France, on a enregistré, en 2017**, 669 décès chez les motocyclistes, 117 chez les cyclomotoristes, et des milliers de blessés. Au cumul, les deux-roues motorisés totalisent 21% de la mortalité routière alors que les motocyclistes, pour ne citer qu’eux, ne représentent que 1,5% du trafic.

S’ils ne représentent qu’une petite part du parc de véhicules en France, ce n’est pas le cas partout. En Colombie, par exemple, ils représentent 45% des véhicules à moteur en circulation. 60% en Chine. 80% en Inde. Dans ces pays où la mortalité routière est en croissance, les utilisateurs de deux-roues payent un lourd tribut. 3500 décès en Colombie, environ 70000 en Chine et en Inde. Sans parler du nombre de blessés souvent graves pour lesquels il est difficile d’obtenir des données précises, mais qui représentent probablement 10 fois ces chiffres. L’insécurité routière est un véritable et dramatique problème de santé publique au niveau mondial.

 

**http://www.securite-routiere.gouv.fr/la-securite-routiere/l-observatoire-national-interministeriel-de-la-securite-routiere/accidentalite-routiere

 

 

Les points faibles des deux-roues :

 

Sécurité primaire :

-       Difficulté à freiner le véhicule en urgence (même avec ABS)

-       Sensibilité sur les faibles adhérences

-       Difficulté à changer rapidement de trajectoire en situation d’urgence

 

Sécurité secondaire :

-       Faible niveau d’équipement des utilisateurs (gants, bottes, blouson avec ou sans airbag et parfois encore casque)

-       Présence exceptionnelle d’airbag sur véhicule 

 

 

Une chose est certaine : les systèmes de sécurité primaire (active) et secondaire (passive) des deux-roues motorisés n'ont pas atteint le niveau de maturité de ceux de l’automobile. Afin de maintenir bien réels les avantages inhérents aux deux et trois-roues motorisés et de réduire les risques liés à leur usage, ainsi que les dommages corporels consécutifs à un choc ou à une chute, le projet de recherche Torga expérimente différentes pistes d’amélioration de la sécurité visant à compléter la panoplie des dispositifs actuellement disponibles (équipement du conducteur et du passager, airbag sur véhicule ou intégré dans la veste ou le blouson) tout en offrant de nouvelles prestations, notamment en matière de confort, de façon à tendre vers une « mobilité et un plaisir durables » sur 2 et 3 roues.

 

Dans un choc frontal, la vitesse d’éjection du conducteur d’un deux-roues est la même que la vitesse initiale de son véhicule. Torga propose de coupler conducteur et passager au véhicule pour dissiper une partie de l’énergie cinétique et réduire la violence du choc subi par le conducteur. Explications…

 

Situation actuelle

 

Lors d’un choc à 50 Km/h entre un deux-roues et une automobile, le conducteur du deux-roues est éjecté à 50 Km/h tandis que son véhicule subit une décélération très importante, entraînant dans la majorité des cas, une éjection du pilote sur une distance de 10 à 15 mètres, avec fractures et brûlures, ou d’importantes lésions, dont les plus graves touchent les vertèbres, les côtes et le bassin s’il rencontre un obstacle sur sa route.

 

 

 

 

Option 1 : couplage au châssis

 

En couplant le conducteur du deux-roues à son véhicule, par une ceinture de sécurité par exemple, celui-ci bénéficie de l’absorption d’énergie procurée par la déformation de la partie avant du châssis. Sa vitesse est donc notablement réduite au moment où la roue arrière décolle du sol.

Des calculs montrent qu’elle est à cet instant de 30 km/h pour un petit scooter et de moins de 10 km/h pour une moto lourde*. Soit, respectivement, une réduction de 20 et de plus de 40 km/h par rapport à la vitesse initiale de 50 km/h.

L’intérêt du couplage a été démontré par Raphael Murri ** (Dynamic Test Center, Vauffelin, Suisse)

Limite de la solution : risque d’écrasement du conducteur par son véhicule.

 

*hors prise en compte des contraintes bio-mécaniques

**http://www.dtc-ag.ch/downloads/publicat/sicherheitsgurt_motorrad_ifz08.pdf

 

Option 2 : retenue programmée 

 

Cependant, pour éviter tout risque d’écrasement du conducteur par son propre engin, il faut à un moment donné, désolidariser l’utilisateur de son véhicule. C’est pourquoi, Torga propose un dispositif de retenue programmée qui déconnecte la ceinture de sécurité, ou tout autre moyen de couplage utilisé, en fonction du type de sollicitation auquel le véhicule est soumis : choc avant, latéral ou arrière, chute etc…

En situation de duo, le passager, retenu par le dos du conducteur, bénéficie de cette dissipation d’énergie.

Si le choc est suffisamment violent pour que la roue arrière décolle du sol, conducteur et passager sont éjectés à vitesse réduite, ce qui atténuera les conséquences de la chute.

Limite de la solution : l’utilisateur n’est pas protégé dans la phase d’éjection.                     

 

 

Dans cette option, un bouclier relié au châssis par une ceinture à enrouleur, assure le couplage du conducteur au châssis. Plus convivial à l’usage et nécessitant moins de manipulations qu’une classique ceinture de sécurité, il améliore aussi le confort dans les phases de roulage

« normal ». En particulier, il participe à la protection contre les intempéries et réduit la pression du vent sur le buste, concourant ainsi à la réduction de la trainée aérodynamique.

Il peut avantageusement prendre la forme d’un bagage de réservoir. Une grande partie du volume du bouclier est en effet utilisable pour ranger les effets personnels du conducteur ou de son passager.

 

 

Option 3 : retenue programmée et cellule de « survie »

 

En complément optionnel, Torga propose une cellule de survie pour protéger l’utilisateur lors de la phase d’éjection et de choc.

Elle est composée d’un ensemble bouclier-arceau-selle qui l’accompagne tout au long du choc. Le bouclier assure le couplage du conducteur au châssis, comme précédemment, tandis que l’arceau protège les vertèbres cervicales et dorsales.

 

Dès que la roue arrière décolle du sol, la cellule se désolidarise du châssis.

 

Ainsi, dans cette configuration, la vitesse d’éjection est notablement réduite et l’utilisateur dispose d’une protection supérieure à celle que lui procure son équipement.

 

 

Cette option complète donc la précédente en offrant une protection - cellule de survie - dans la phase d’éjection. A ce stade du projet, celle-ci est constituée d’un arceau solidaire du bouclier qui cette fois accompagne le conducteur et le protège s’il percute l’obstacle, et diminue les risques de lésions lorsqu’il touche le sol. Il est réalisé dans un matériau amortissant et résistant à l’abrasion. L’arceau passe au-dessus des épaules, protège les vertèbres cervicales et dorsales et joue le rôle d’appui-tête dans sa partie supérieure.

La désolidarisation de cet ensemble est assurée par des fixations déconnectables, gérées électroniquement. Les technologies utilisés sont similaires à celles qui permettent d’activer les gilets airbag. A terme, la selle sera intégrée à la cellule.

 

 

 

Le projet de recherche Torga a pour objectif l’amélioration de la sécurité des « deux-roues » à tous niveaux. Il propose d’apporter des réponses techniques à cette problématique tout en améliorant les prestations de confort et le plaisir de conduite.

Après une première phase de maquettage destinée à explorer l’ergonomie des solutions envisagées, des travaux scientifiques détermineront le potentiel de réduction de sinistralité des différentes approches proposées avant de passer aux validations.

L’association SIREMS a été créée afin de rassembler les moyens

nécessaires à l’avancement de ce projet de santé publique.

Contact : pginnov@club-internet.fr